21 mai 2008
J'ai nommé
Lev Davidovitch Trotsky; Auguste et Louis Lumière; Huey P. Newton; Thomas Isidore Noël Sankara; Salvador Allende; Barack Obama; Oprah Winfrey; George Patton; Jean Jaurès; Simone Veil; Michael Jeffrey Jordan; Malcolm X; Muhammad Ali; Rosa Parks; Frida Kahlo; Charles de Gaulle; Jacobo et Maria Cristina Arbenz Guzman; Jean-Paul Sartre; Martin Luther King Jr.; Indhira Gandhi; Hugo Rafael Chavz Frias; Primo Levi; Ernesto Guevara; Rigoberta Menchu; Patrice Lumumba; Evo Morales; Ahed Chah Massoud; Fidel Castro Ruz; Jackie Robinson; Nelson Mandela; Diego Rivera; Jean Moulin
07 mai 2008
Joyeux anniversaire!

Qu'ils sont beaux ceux qui nous gouvernent!
(ici:l'émir de paris, sultan de France, avec sa favorite et le fils de sa première femme)
Alors qu'on fête aujourd'hui la première année du règne du sultan de France, émir de Paris: Sarkozy, je vous offre un petit lien ou il est question du petit voyage que s'est payé Christian Estrosi alors à la tête du ministère fantoche par excellence: l'Outre Mer. Un imprévu a forcé la délégation du "ministère fictif" a annuler ses vols Air France pour... Nouméa (qu'ils ont dû payer) et à la place à louer un petit Jet Privé type Falcon. Rien que ça! Cout de l'opération, 138 000€ environ. Je vous rapelle que le ministre a faitl'équivelent d'un tour du monde en avion 15 places pour aller "inaugurer des chrysanthèmes", en l'occurrence un parc national, mais passons.
Comme j'aime les petites piques, je ne peux m'empêcher de pointer le rétablissement du Lundi de pentecôte, qui tombe à pic après les jeudis fériés de ce début de mois de Mai, qui ont offert aux français (enfin, pas tous) deux gros ponts de quatre jours en une semaine! Ça doit être l'application de la "philosophie" du T+G+
L'Hotel Ryugyong, emblème de la démence d'un régime
L'Hôtel Ryugyong, était un projet pharaonique langé par Il-Sung Kim, le dictateur sanguinaire et dément qui régna en maître sur la Corée du Nord de 1945 à 1994, avant de laisser sa place à son fils, Jong-Il, qui a repris l'entreprise familiale.
Ce gratte-ciel (à l'époque le plus haut au monde en dehors des Etats-Unis) domine Pyongyang, et est visible de partout, on ne peut pas y échapper. Cet Hôtel de 105 étages et 330 mètres, qui aurait fait la fierté du régime, a coûté 2% du PIB sur quatre ans. La période qui a suivi a été marquée par l'une des pires famines de l'histoire humaine. La famine a connu son apogée en 1998, et aurait fait plus de deux millions de victimes.
Ryugyong n'a jamais été terminé. La structure en béton, fascinante (de nombreux sites d'architectes "fans" existent sur Internet) et impressionnante, est finie, mais aucune des 3000 chambres prévues ni des trois restaurants ou du Casino, n'ont été financés. Rien ne fonctionne.
La montagne de béton reste là, comme pour rappeler aux habitants de Pyongyang l'ineptie et le cynisme de la dernière dictature stalinienne au monde.
Si vous cliquez sur la photo, vous verrez une vue satellite de la ville, et plus généralement du pays entier. On peut y voir les camps de prisonniers politiques, le site de l'essai nucléaire, et surtout, une absence quasi totale d'infrastructures en dehors de la capitale, ou tout à été concentré.
L'ouvrage, dessiné par des architectes soviétiques, est terrifiant, et à la fois fascinant, dans le mauvais sens du terme, tant ce régime ubuesque est parvenu à maintenir une population entière dans un enfer sur terre, dans un niveau de développement digne des années 1930, sans que celle-ci ne s'en rende vraiment compte.
06 mai 2008
La chine et les Droits de l'Homme en Afrique
$i la Chine jouit ces dernières années d'une très bonne image auprès des dirigeants Africains, on ne peut pas en dire autant des populations, tout simplement parce qu'il n'y a pas assez de connaissances sur le sujet. On sait que ici et là des manifestations anti-chinoises ont lieu dans des grandes villes africaines. On sait que les travailleurs de certaines entreprises chinoises en Afrique se sont rebellés contre des conditions de travail indigne. Les chinois font semble t-il en sorte de faire profil bas et d'inciter leurs entrepreneurs à plus de retenue dans l'exploitation des travailleurs locaux. Mais il est très difficile de savoir ce que l'africain de la rue, de la mine ou des champs pense de son nouveau maître chinois.
Pour les occidentaux, l'influence chinoise au niveau des droits de l'homme en Afrique ne peut être que largement négative. Pour les gouvernements Africains, l'alternative chinoise est la bienvenue face aux occidentaux, surtout quand ceux-ci critiquent l'état des droits de l'homme en Afrique. Les dirigeants Africains ne semblent pas troublés par la réputation du régime chinois dans ce domaine, et semblent heureux, dans l'ensemble, de faire des affaires avec eux.
Les pays africains avec les pires bilans en matière de droits de l'Homme accueillent volontiers la Chine, laquelle contribue à couvrir leurs pratiques autoritaires. Au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, la Chine et 13 pays africains sont représentés, et se soutiennent mutuellement. Les États africains sont réticents à l'idée de critiquer les atteintes au droits de l'homme de leur partenaire chinois, et ce dernier met tout son poids de membre du conseil de sécurité dans la balance pour minimiser les critiques émises par l'ONU.
Au sommet Chine-Afrique, a été formulée la politique sino-africaine commune à promos des droits de l'Homme. Les deux parties se sont ainsi engagées à "promouvoir la coopération au conseil des Droits de l'Homme, et à faire des efforts concertés pour s'assurer que le conseil respecte les spécificités historiques, culturelles et religieuse de tous les pays et régions". En remettant ainsi en cause de l'universalisme des valeurs occidentales, l'Afrique et la Chine justifient leur droit à échapper aux obligations en matière de droits de l'Homme.
La vision chinoise des droits de l'homme se veut plus "démocratique" et moins "philosophique". Selon la déclaration du FOCAC de Pékin "le conseil doit accorder une importance identique aux droits civiques, politiques et économiques ainsi que culturels et sociaux, avec une priorité claire au droit au développement. Le conseil doit traiter ce problème de manière adéquate (sic.), et travailler à éliminer le deux-poids deux-mesures et les pratiques consistant à politiser le débat sur les droits de l'Homme".
La déclaration commune est donc très claire sur le fait que l'Afrique et son allié chinois ont leur propre définition des droits de l'Homme, et n'entendent pas céder aux pressions occidentales sur ce sujet. Selon les chinois, les occidentaux analysent cette question avec un biais culturel, sans percevoir les spécificités de la conception Africaine.
On pourrait conclure que la Chine cherche à évacuer les droits de l'Homme du débat africain. En réalité, les droits de l'Homme sont une partie intégrale de leur politique africaine, mais ils souhaitent simplement que le débat ait lieu sur leur terrain. Les chinois sont moins préoccupés par les libertés individuelles et politiques, et d'avantage sue les "droits humains collectifs". L'idéal que la Chine souhaite exporter en Afrique est celui d'une société libérée du besoin, qui puisse atteindre la prospérité et l'harmonie (il faut comprendre: l'ordre). Cette théorie alternative des droits de l'homme connait un grand succès auprès des chefs d'État africains, notamment des despotes.
La Chine ne pose en effet aucune conditionnalité politique à l'établissement de liens économiques , à l'exception notable de l'exigence de respecter le principe "d'une seule Chine", c'est à dire de ne pas reconnaître Taïwan, contrairement aux occidentaux pour lesquels les considérations en matière de droits de l'homme sont un souci pour les dirigeants Africains. La Chine est encore très mal à l'aise avec les ONG, et a multiplié les rencontres avec elles, notamment au Darfour, afin de "briser la glace".
Malgré son discours de non ingérence, la Chine connait bien ses intérêts en Afrique. En 2006, lors des présidentielles Zambiennes, l'ambassadeur chinois a mis en garde l'opinion publique que l'élection du candidat anti-chinois Michael Sata, allait sérieusement compromettre l'engagement chinois dans le pays. Celui-ci surfait sur la vaque de mécontentement liée à la réputation des entreprises chinoises d'exploiter les travailleurs locaux dans des conditions de sécurité et d'hygiène déplorables. La victoire du sortant, Mwanawasa, a mis fin à la mini-crise diplomatique.
L'attitude de la chine consiste à dire "quand y'en à pour l'un, y'en a pour l'autre". Dans le cas de l'Afrique, la Chine se démène pour se tailler, 123 ans après la conférence de Berlin, sa part à elle du gâteau africain.

01 mai 2008
JO et médias: la grande hypocrisie.
Le parcours de la flamme olympique fait cette année l'objet d'une frénésie médiatique habilement "relayée" par l'ONG Reporters sans frontières. Les récentes émeutes au Tibet, rappellent subitement à l'opinion publique que la Chine est un régime policier et une dictature de "centralisme démocratique.
Il est de bon ton ces jours-ci de s'émouvoir du sort des Tibétains et des journalistes et cyber-dissidents emprisonnés. La Chine est sans aucun doute une dictature ou aucune liberté d'expression n'est possible. En fréquentant les étudiants chinois à l'Université, j'ai même parfois l'impression que ce régime est parvenu à éradiquer la pensée critique, mais passons. La répression contre les libre-penseurs dans ce pays me scandalise, là comme ailleurs dans le monde.
Il n'en est pas moins vrai que nous assistons en France à une frénésie médiatique totalement disproportionnée en comparaison avec les précédents Jeux Olympiques.
La période médiatique s'y prête, puisque le gouvernement fait profil bas, voire s'efface depuis la défaite aux municipales, et que l'actualité sociale et sportive est assez vide, le thème de la crise financière ayant fait long feu dans le champ médiatique. Le fait que ce soit la Chine, un régime et un pays qui font peur, facilite largement le travail, et le fait que ce soit le Dalaï Lama, un personnage présenté par les médias comme un Gandhi moderne (je ne dis pas que cela soit faux) fait presque culpabiliser ceux qui ne s'intéressent pas au sort du Tibet.
Le point positif, c'est que chacun peut mesurer l'hypocrisie gigantesque que sont les JO, ou derrière un discours angélique et presque évangélisateur, on a une grosse machine a profits et une lutte acharnée entre toutes les économies patriotes.
Mais il me semble que médiatiquement, on a la mémoire un peu courte.
En 36, les JO sont accordés à Hitler. Sans commentaires.
En 1968, dans les semaines qui ont précédé les JO de Mexico, des étudiants Mexicains se sont mobilisés pour attirer l'attention sur le fait que le pays organisateur du grand cirque des JO était une dictature policière et bureaucratique, comme l'est la Chine. Le pouvoir a répondu à la manifestation du 2 Octobre, place Tlatelolco, dite des trois cultures, en ouvrant le feu sur la foule, tuant 300 personnes. De nombreux corps ont été enfouis sur place, et sont encore découverts aujourd'hui. Cette dictature Mexicaine de l'époque se livrait à des raids sanglants dans certaines régions pour réprimer des révoltes paysannes, enfermait les dissidents, comme l'a fait la Chine au Tibet.
Les médias de l'époque se sont tus, ne cherchant même pas à contester la version officielle de 4 morts et 20 blessés (sic.). Personne ne boycotta ces jeux. Le même régime organisa la coupe du monde de football de 1986. Dans le genre, on trouve aussi l'Argentine, qui organise, en pleine dictature de la junte, la coupe du monde 78...
Les JO ont de nombreuses fois été instrumentalisés par des intérêts nationaux, et parfois boycottés pour des motifs frisant la mauvaise foi.
En 1972, des Palestiniens terroristes assassinent des athlètes Israéliens. Quelques jours après la fusillade, et dans l'indifférence générale, les USA se font voler la médaille d'Or au Basket masculin, grâce à un mystérieux officiel du CIO qui ordonne aux arbitres de rajouter du temps sur l'horloge, après que les américains aient fêté leur victoire.
Les JO de 1976 sont boycottés par tous les pays Africain sauf le Sénégal et la Cote d'Ivoire, en protestation contre la tenue, quelques mois auparavant, d'une rencontre de Rugby entre la Nouvelle Zélande (invitée) et l'Afrique du Sud (exclue), qui à l'époque était une dictature blanche pratiquant l'apartheid.
A Montréal 110 des 198 médailles d'Or seront remportées par des dictatures du Bloc Communiste, comme pour rappeler au monde que les JO sont une vaste opération de com' destinée à laver la vitrine des pires régimes.
Les JO de 1980 sont une mascarade de promotion du régime soviétique. Comme pour le fait d'accorder les JO à la Chine, pays représentant 20% de la population mondiale, il aurait été difficile aux JO de ne jamais avoir lieu en Russie, à l'époque la deuxième puissance mondiale. La France participera à ces JO, ainsi que le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, au contraire des USA, de la RFA, du Canada et d'une quarantaine d'autres États. La Chine n'envoie pas de délégation.
Rebelotte en 84 à Los Angeles, ville candidate malheureuse en 1980 mais à qui le CIO n'aura fait l'affront de faire patienter que 4 ans. Tous les États sous l'influence Soviétique à l'époque boycottent, sauf la Roumanie de Ceausecsu et l'Inde. Les JO de 1984 seront les premiers à être privatisés, c'est à dire financés par la pub et donc les grandes multinationales.
Les JO de Séoul de 88 sont boycottés par les quelques-unes des pires régimes preudo-communistes ne reconnaissant que la Corée du Nord: Cuba, la Lybie de Khadaffi, l'Albanie de Enver Hodja, l'Ethiopie de Mengistsu... 
Les Jeux de Séoul mettent au grand jour l'hypocrisie sur la Dopage, qui, pour reprendre le bon mot de Mme. Parisot "beaucoup savaient inconsciemment". 1992 c'est l'arrivée des sportifs professionnels dans les compétitions, lesquels deviennent payés pour participer. En 1996, douze ans seulement après les JO de Los Angeles, le CIO fait de nouveau allégeance au grand gagnant de la guerre froide, et à son partenaire de toujours Coca Cola (sponsor des jeux depuis 1928!), et accorde les JO à Atlanta! La vitrine apolitique des jeux a été renforcée mais personne n'est dupe que dans ce domaine là aussi, la guerre idéologique a cédé le pas à la guerre économique.
A partir de là, c'est la prise de conscience définitive que l'attribution est une affaire d'influence, de gros sous, de pressions diplomatiques, et de consensus mou. Les JO sont attribués à Pékin, puis à Londres, et, cerise sur le gâteau, Sotchi en Russie en 2014. Je fais également uneparenthèse pour dire que les "autres JO", d'hiver sont réservés de fait aux pays du Nord, ce qui est aussi assez parlant. Cela confirme ma thèse que les JO sont attribués deux fois sur trois à la puissance économique qui monte, et le reste à celle qui fait consensus, et ce sans aucune considération pour savoir s'il s'agit d'une dictature ou d'un pays belliqueux. La liste des pays organisateurs des JO d'été est éloquente à ce propos. Après tout, personne n'a dit que les JO étaient réservés aux pays démocratiques: ils sont à tout le monde. Le problème, c'est que tout le monde peut se les approprier, et se racheter une image.
Les JO, et tout ce qui gravite autour sont à mes yeux une telle hypocrisie, que je ne vois absolument pas pourquoi je jouerais mon rôle de bon petit consommateur modèle et les regarderais. Cette mascarade crypto-nationaliste me débecte, et ce d'autant plus que c'est une dictature qui les organise, et que c'est la télévision publique française qui les retransmet.
24 avril 2008
How China thinks
How does china's intelligentsia think?
A Marc Leonard Article in the March 2008 issue of Prospects, the british magazine. Click on the picture to read the article.
"I had imagined that China's intellectual life consisted of a few unbending ideologues in the back rooms of the Communist party or the country's top universities. Instead, I stumbled on a hidden world of intellectuals, think-tankers and activists, all engaged in intense debate about the future of their country".
23 avril 2008
80% by 2050 ou 5,0% by 2080? à l'Amérique de décider.

Lire l'Article de TIME "How America can lead in green"

Manifestation étudiante à Washington
Lire l'article de TIME sur le chapitre environnement des programmes des candidats.
21 avril 2008
La percée Chinoise en Afrique: ce n'est que le début.
Au delà des échanges commerciaux, l'Afrique est une cible privilégiée par les investissements chinois. En 2004, les investissements chinois en Afrique s'élevaient à 925 millions de dollars cumulés depuis 1979 ; pour la seule année 2005, leur montant est de 175 millions de dollars.
La Chine a connu en 2006 un taux de croissance de 10.6%. Le commerce sino-africain a atteint un niveau record de 37 Milliards de Dollars en 2005, faisant de la Chine le deuxième partenaire commercial de l’Afrique. C’est dans ce contexte economique inédit que s’est tenu le Forum Sino-Africain de Novembre 2006.
Voici une émission de Radio 86, la radio d'info sur la Chine, datant de 2006 à laquelle ont participé Philippe Hugon de l'IRIS et Adama Gueye, deux spécialistes de la question.
Pour Adama Gaye, le Forum Sino-Africain de 2004 a permi de mettre en place un dialogue plus sérieux entre la Chine et l’Afrique qu’entre la Chine et les puissances occidentales.
Pour Philippe Hugon, derrière le discours du « gagnant-gagnant » il y a de la « realpolitik ». « La Chine a un intérêt par rapport à son pétrole, puisque presque 30% de son pétrole en provient, mais aussi diplomatiques, pour jouer avec des appuis au sein des nations unies notamment par rapport à Taiwan et au Japon.
Lors de ce Forum, la Chine n’a pas hésité à inviter les cinq pays qui entretiennent encore des relations avec Taiwan, espérant, selon Philippe Hugon, « qu’ils changent leur position un jour ».
Chaque année il y a des visites au plus haut niveau sur le continent Africain, mais pour Adama Gaye, c’est le fait que la « Chine vienne les mains pleines » qui fait la différence avec les pays européens. La Chine, rappelle t-il a des réserves de plus de mille milliards de dollars, et peut investir en Afrique sur le long terme.
Pour l’auteur de Le dragon et l’autruche, interviewé sur Radio 86 le 4 Novembre 2006 : « L’Afrique doit définir son agenda dans sa relation avec la Chine, et c’est jusqu’à maintenant ce qui a fait défaut dans la relation sino-africaine ». On a pour l’instant une Chine avec une stratégie pleinement définie, mais l’ouverture de l’Afrique aux entrepreneurs Chinois « a aussi permis l’arrivée de capitalistes Chinois qui n’ont pas d’états d’âme », selon A. Gaye.
Pour P. Hugon, cette ambition Chinoise offre aux dirigeants Africains une marge de manœuvre beaucoup plus grande face aux Européens et aux Américains, leur permet « de modifier les termes de certains contrats », mais leur permet aussi de contourner les règles internationales.
A. Gaye rappelle que c’est « la nature de toute grande puissance, d’agir selon ses intérêts ». Et de rappeler que « les valeurs universelles que le monde occidental professe, il ne les a pas toujours respectées ».
Le Dragon et l'autruche est un livre d'opinion principalement. Adama Gaye est également chairman de Newforce Africa, un think tank et cabinet de conseil aux entreprises. Leur site web est pourri, mais peut être consulté en cliquant ICI.
16 avril 2008
La Guerre du Feu: la lutte de la Chine pour se positionner
La croissance chinoise est la plus forte au monde en ce début de XXIème siècle. Selon Justin Yifu Lin, directeur du China Center for Economic Research de l’Université de Pekin (et Vice Président Honoraire de la Banque Mondiale), « l’économie de la RPC pourrait connaître une croissance de 9% par an sur les 20 prochaines années.Avec une économie en surchauffe, les dirigeants chinois sont conscients de l'enjeu énergétique, dans un pays ou en 2003, deux-tiers des régions avaient connu des coupures de courant.
Sa demande en énergie est donc insatiable.

Une demande énergétique en plein essor, qui exige de nouvelles solutions.
La demande en énergie croît plus que proportionnellement au PIB. En 2003, la Chine avait connu une hausse de 14% de sa demande en énergie, pour un taux de croissance de 9.1%. Pour l'instant, la Chine tire 74% de ses ressources énergétiques du charbon (elle qui détient 12.6% des réserves mondiales), 18% du pétrole, 7.5 de diverses sources (notamment l'hydroélectrique) et une infime partie, un demi pourcent, du nucléaire. Outre ce que ces chiffres on de terrifiant pour la situation climatique, (la chine est depuis cette année le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre) il faut savoir que la source part du pétrole dans la production énergétique chinoise a vocation a augmenter.
La Chine dispose donc de 12.6% des réserves mondiales de charbon ( a titre de comparaison, les USA en détiennent 27% et l'Afrique du Sud 5.4%), mais est le premier producteur mondial, avec 35%, ce qui témoigne de la tension extrême que connaît le marché de l'énergie en chine. Le charbon fournit à la Chine 50% de son électricité. Des dizaines de mines de charbon ouvrent chaque année en Chine, et les chinois en ouvrent des dizaines d'autres en Afrique. Le charbon étant l'énergie fossile la plus polluante, on peut légitimement s'inquiéter d'une croissance chinoise qui reposerait sur les énergies sales et à bas coûts.
Croissance asiatique et choc pétrolier.
La chine se tourne naturellement vers le pétrole, elle qui était exportatrice nette jusqu'en 1993. En 2004, elle était le troisième importateur de pétrole, et le deuxième consommateur. La République Populaire de Chine, 9 600 000km², dispose selon l'OCDE de 4 milliards de tonnes de pétrole, soit seulement douze années de réserves au rythme de croissance actuelle. Selon BP, elle disposait en 2004 de 23,7 Milliard de barils, soit 2.1% des réserves mondiales connues. Or elle sera dépendante des importations de pétrole à 82% à l'horizon 2030.
La croissance chinoise, et à fortiori Indienne, est l'un des principaux facteurs explicatifs de l'explosion du prix du baril depuis cinq ans. Une croissance qui n'en est peut-être qu'à ses balbutiements. Si la Chine connaissait un taux d'équipement automobile égale à celui des Etats-Unis, il y aurait en Chine un milliard de véhicules, soit l'équivalent de 50% du parc automobile mondial d'aujourd'hui. La sortie de la Tata Nano en Inde laisse imaginer que cette situation n'est pas à exclure à moyen terme. Entre 1992 et 2003, le parc des véhicules moteurs des USA a crû de 15%, le parc mondial de 28% et le parc Chinois de 900%. Avec une croissance des revenus de 15.1% en 2007 (pour 7.1% d'inflation en Janvier 2008 sur un an) la probabilité pour la période 2003-2020 est d'une croissance de 600%.
La consommation explose en Chine. Il y a déjà 1.8 Milliards de cartes de débit en circulation en Chine. Le nombre de cartes de crédit en 2006 a augmenté de 22.7% pour atteindre 50 Millions. L’an dernier, 1890 milliards de yuans de transactions (près de 200 milliards d'Euros) ont été réglés dans le pays avec des cartes bancaires, ce qui représente une hausse de 97% par rapport à l’année 2005 et déjà plus de 17% des ventes de détail.
La Chine et l'Inde sont respectivement 2èmes et 3èmes mondiaux en consommation d'énergie primaire par point de PIB (derrière la Russie). Le gain d'un point de PIB par ces pays pollue trois fois plus que la moyenne mondiale.
Une situation découlant du droit légitime de ces pays au développement, mais qui porterait l'estocade climatique définitive à la planète.
Une Chine à la recherche de nouvelles sources, qui se tourne vers l'Afrique.
Comment alimenter tous ces moteurs? La Chine est depuis six ou sept ans extrêmement active sur les marchés pétroliers, et exerce une pression considérable à la hausse de la production et de la prospection. La Chine a en effet tout intérêt à voir la production mondiale de pétrole s'accroitre en raison de l'explosion récente du prix du baril. Le 1er Juillet 2003, le baril s'échangeait à 31 $; le 15 Mars 2008, il s'échange à 114 $. C'est le plus gros choc de l'histoire de l'économie pétrolière.
La Chine, aujourd'hui dépendante à 60% du pétrole du Moyen-Orient, va voir entre 2005 et 2020 sa consommation de pétrole doubler. C'est donc naturellement qu'elle se tourne avec un certain sens de l'urgence, vers l'Afrique.
L'Afrique détient 9.4% des réserves de pétrole. En 2004, la Chine importe 9% de son pétrole d'Angola (contre seuement 1.7% pour les USA), 7.7% du Soudan, 2.2 de Guinée Equatoriale, 1.5% du Congo, 1.2 du Gabon, 1.1 du Cameroun, 0.75% d'Algérie, 0.6% du Nigéria, 0.3% d'Egypte. Des importations que la Chine souhaite fortement augmenter, et si possible à des pris inférieurs à ceux du marché, via des contrats de gré à gré, c'est à dire par la voie diplomatique. Cette liste de pays correspond aussi à une liste de régimes cleptocratiques, qui trouvent avec la Chine un partenaire indifférent aux exactions commises dans le cadre de leur politique intérieure.
L'intérêt que la Chine porte à l'Afrique, est donc porteur d'opportunités économiques pour l'Afrique, qui voit sa production de pétrole augmenter, mais également de nouvelles dépendances viv-à-vis d'une puissance étrangère, an old habit comme on dit.
Le tableau ci dessus (SiteAnglais globaltimber) montre que l'Afrique a vocation à être l'une des cibles prioritaires de la Chine au niveau géopolitique.
La Chine avance ses pions sur l'échiquier Africain avec une agressivité qui n'a d'égal que l'urgence de sécuriser son approvisionnement en pétrole. Les entreprises de la RPC sont largement soutenues par l'Etat chinois, et sont prêtes à des pertes colossales pour s'assurer des importations. 
En 2006, Sinopec (l'une des trois sociétés pétrolières d'Etat) a acquis un contrat d'exploration en Angola après avoir surenchéri de 420 Millions de dollars à l'offre de 310 Millions de l'Indien ONGC. Sinopec ne fait pas partie des 25 plus grandes compagnies pétrolières mondiales, mais réalise 70% des importations de brut vers la Chine...
La "guerre du feu" ne fait sans doute que commencer, et rien, même pas la destruction de la planète ne semble pouvoir l'arrêter. Le mythe du peak oil a la peau dure, mais il faut rappeler que l'Energy Information Administration (US Dept. of Energy) estime que la production de pétrole atteindra 6 milliards de tonnes en 2025 (contre 3.8 Milliards de tonnes en 2001), et que l'on aura toujours pas atteint la moitié des réserves...
Sources:
François Lafargue: Demain, la guerre du feu: Etats-Unis et Chine à la conquête de l'énergie. Ed. Ellipses, 2006.
Rapport d'information de la commission des affaires étrangères: Energie et géopolitique, 26 Octobre 2006.
Centre de Prévision de l'Expansion (CPE), Paris .
icdelocalisation.com
China's Rise: Hope or doom for Africa? Article paru dans The New Vision, Kampala (Ouganda), 26 Mai 2007.






